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Une étincelle de génie

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Éditions Deborée - 2026

Peu satisfaite de son activité de dactylographe, Iris s’évade à travers les récits passionnants de son amie d’enfance Marcelle, dessinatrice en archéologie envoyée au Caire. En cette période de fascination nouvelle pour l’Égypte, son esprit créatif tourné vers la terre des pharaons lui permet d’intégrer une agence de publicité parisienne dans laquelle elle espère enfin s’épanouir. Mais dans ce milieu fortement masculin, où la concurrence fait rage, Iris parviendra-t-elle à trouver sa place et s’affirmer ?

Un métier : la publicité

Une passion : l’Égypte ancienne

La publicité dans les années 1920 :

Est-ce un métier pour une femme ?

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© Images Revue Vendre - Gallica

Extrait :

– Et vous, pourquoi la publicité ?

– [...] c’est un concours de circonstances. Beaucoup méprisent la publicité. Ils l’accusent de vouloir forcer la main des acheteurs, de les conditionner dans un but uniquement vénal, de les abrutir aussi. Mais si l’on connaissait les trésors de raisonnement et de créativité qu’il faut déployer, on ne serait pas si méchant ! Bon, il est vrai que tout le monde n’est pas inventif…

Elle s’était mise à jouer avec le programme du cinéma qui comportait de nombreux encarts publicitaires. Il pencha la tête pour attraper son regard.

– C’est-à-dire ?

– Eh bien, voyez cette page : une succession d’annonces sagement imprimées dans leur petit cadre, une alternance de caractères gras et italiques – pas très original –, quant à la phrase d’accroche pour cette marque de chaussures !

Alban tourna vers lui le prospectus à l’endroit que pointait son ongle verni de rose clair.

– « Confortel, la firme qui s’affirme ! »

– Ce slogan peut illustrer n’importe quoi : des apéritifs, un fabricant de tracteurs, de patins de frein… Dans l’agence Chavernay, nous sommes très attentifs au titre-appel.

– « Nous » ?

Son petit sourire, son regard piquant la déstabilisèrent.

– Enfin… mon patron et ses collaborateurs. Parfois, je lance quelques idées, mais je vois bien que ma place est derrière une machine à écrire.

Elle prit un air songeur.

– C’est drôle, la publicité a énormément recours aux femmes… mais c’est pour enjoliver les annonces. Nous sommes souvent employées pour vanter n’importe quel produit, même les biens typiquement masculins. Prenez l’exemple des voitures, majoritairement conduites par les hommes : dans les affiches conçues pour les constructeurs, beaucoup associent femmes et automobiles. Vous verrez des femmes passagères, des femmes élégantes dont le seul rôle est de mettre en valeur la beauté de la carrosserie, mais des femmes au volant ?

Qui est l’inspiratrice d’Iris dans Une étincelle de génie ?

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Marcelle Baud (1890-1987), diplômée des Beaux-Arts et de l’École du Louvre, est la première femme envoyée comme attaché à l’IFAO (l’École du Caire) en 1921.

En tant que copiste, elle part dans la Vallée des Rois faire des relevés de tombeaux. 

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Pour en savoir plus sur

Marcelle Baud :

© Anamnesia

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Marcelle Baud, Dessins ébauchés de la nécropole thébaine du temps du Nouvel Empire

Mémoire, IFAO,1935

Extrait :

Après avoir posé ses bagages dans l’alcôve équipée d’un divan, Iris découvrit l’univers de Marcelle. Des statuettes égyptiennes ornaient les étagères d’une bibliothèque, des dessins de monuments antiques aux fondations ensablées décoraient les murs. Sur une table de travail s’empilaient de grandes feuilles de papier repliées en accordéon. Marcelle les étala, faisant apparaître des fresques où des hiéroglyphes ponctuaient des défilés de silhouettes.

– Ce sont les relevés de la nécropole où je suis restée quatre mois. Je m’attelle à les remettre au propre. Tiens, regarde des photographies de l’ensemble : je te présente la tombe d’un grand prêtre qui a vécu au XIIIe siècle avant Jésus-Christ !

Iris leva vers elle des yeux brillants.

– Raconte-moi. Tu étais dans le désert ? Tu logeais où ?

– J’étais à l’hôtel, à Louxor. Chaque matin, à 6 heures, je partais montée sur un âne vers la nécropole de Dra Abou el-Naga, de l’autre côté du Nil, vers l’ouest. Je passais là toutes mes journées, dans cette tombe, qui est quand même équipée de l’électricité ! Et je rentrais au coucher du soleil. C’était le meilleur moment, quand les touristes s’étaient évaporés. J’avais pour moi toute seule la montagne, les bords du Nil, les hommes et les femmes qui y vivent.

– Et comment tu as fait pour dessiner tout ça ?

Un papier-calque fixé sur la pierre, la copie des motifs au crayon… Iris s’émerveillait devant les scènes funéraires aux centaines de figurants.

– Et être la seule femme dans cet univers de chercheurs, comment l’as-tu vécu ?

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